GEMA : Les mutuelles d'assurances

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AccueilLettre du GEMAActualité GEMA n° spécial - Mars 2010Entretien avec : Gérard Andreck, président du GEMA

Entretien avec : Gérard Andreck, président du GEMA

Retour sur deux chantiers incontournables en 2010 : les retraites et la dépendance.

 

Le GEMA est attaché à la sauvegarde de la retraite par répartition. Dans un contexte de dégradation des comptes des régimes obligatoires de retraite, quels constats dressez-vous ?
Les mutuelles du GEMA souhaitent participer à la réflexion générale pour trouver une bonne combinaison entre répartition généralisée et obligatoire et capitalisation facultative et plus ou moins individuelle.
Ceci étant rappelé, on constate que les produits de retraite peinent à se développer dans notre pays, alors même que les Français continuent à épargner, en assurance vie notamment.
Le bilan mitigé du PERP montre que les Français ont beaucoup de mal à s’engager, en dehors du cadre professionnel, dans des purs produits de retraite. Les ménages choisissent probablement d’autres véhicules de placement (comme l’immobilier) pour financer leur retraite. L’assurance vie, qui occupe la part que l’on sait dans les choix d’épargne des Français, n’est pas gérée comme un produit de préparation à la retraite.

Quelles voies d’action voyez-vous pour les pouvoirs publics ?
A notre sens, le gouvernement a une gamme limitée de solutions à sa disposition s’il veut inciter nos concitoyens à se constituer une retraite par capitalisation :

  • il peut pousser les épargnants à abandonner l’assurance vie pour souscrire à de purs produits de retraite mais il faut faire attention que la substitution de l’un à l’autre se fasse sans déperdition d’épargne,
  • il peut réinventer un nouveau produit d’épargne-retraite, ce qui reviendrait à modifier les règles du PERP : notre analyse est que le PERP peut certes être amélioré et simplifié mais nous nous méfions des produits qui sont créés par l’administration et qui ne correspondent ni aux besoins des épargnants,  ni aux contraintes de gestion des assureurs.


Sur le thème de la dépendance, le GEMA participe à la vaste concertation lancée par le ministère des Affaires sociales. Quels axes de réflexion souhaitez-vous mettre en avant ?
Il est frappant de constater que nos voisins européens ont apporté des solutions très hétérogènes à la couverture de ce risque? : les Allemands ont institué une couverture universelle financée par une cotisation sociale assise sur les salaires et les Anglais, pourtant pionniers en matière d’assurance, semblent s’orienter eux aussi dans la voie du financement par l’impôt.
Les assureurs en général, et les mutuelles du GEMA en particulier, sont prêts à nouer un véritable partenariat avec l’État pour couvrir un risque qui est de mieux en mieux connu et donc de plus en plus assurable. Néanmoins, au préalable, les points suivants nous semblent incontournables dans les discussions à venir :

  • dès lors que les approches techniques pour couvrir la dépendance sont variées (santé, prévoyance ou épargne ; contrats individuels ou collectifs), les aides de l’État ne devront pas fausser le jeu de la concurrence,
  • les travaux sur les grilles et les méthodes d’évaluation de la perte d’autonomie doivent être relancés avec toutes les parties concernées (CNAM, corps médical, services sociaux, CNSA...),
  • les réassureurs devront être associés à la concertation en cours,
  • le traitement de la dépendance ne doit pas passer seulement par des compléments de ressources mais elle devra aussi prendre la forme de services à la personne étudiés et adaptés à la situation des personnes âgées dépendantes, notamment en cas de dépendance partielle et de maintien à domicile.


Dans tous les cas, les assureurs privés ne peuvent pas lancer de nouveaux produits tant qu’ils ne connaissent pas les aides, ou la batterie d’aides que l’État ou les régions sont décidés à mettre en place.

Tous les assureurs pensent qu’il y a urgence à ce que l’État fasse connaître ses décisions en la matière.

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